Au Québec et au Canada, deux projets de loi qui portent atteinte à la liberté de religion

Sous prétexte de laïcité, c’est plutôt le laïcisme qu’on veut appliquer au Québec et au Canada actuellement, avec deux projets de loi qui menacent directement la liberté de religion et d’expression. Contrairement à la laïcité, qui signifie que l’état n’a pas de religion officielle, mais qu’il n’interdit pas ou ne combat pas non plus les religions, les gouvernements appliquent une politique de laïcisme qui est hostile à toute forme de religion, et veut interdire toute forme d’expression ou manifestation de la religion en public, dans les écoles, etc. Ces deux projets de loi doivent être rejetés absolument.

Parlons d’abord du projet de loi canadien. Sur le site de la Conférence des évêques catholiques du Canada, on peut lire le communiqué de presse suivant, en date du 4 décembre 2025, intitulé «Restrictions proposées à la liberté religieuse – Projet de loi C-9»:

«Le gouvernement libéral a conclu une entente avec le Bloc Québécois concernant un amendement à l’alinéa 319 (3) b) du Code criminel qui supprimerait la clause d’exemption religieuse de la loi canadienne sur les discours haineux. Cette initiative vise à obtenir l’appui du gouvernement pour le projet de loi C-9, intitulé « Loi modifiant le Code criminel (propagande haineuse, crime haineux et accès aux lieux religieux ou culturels) ». La disposition actuelle du Code criminel qui serait supprimée stipule : « (3) Nul ne peut être déclaré coupable d’une infraction prévue au paragraphe (2) […] (b) il a, de bonne foi, exprimé une opinion sur un sujet religieux ou une opinion fondée sur un texte religieux auquel il croit, ou a tenté d’en établir le bien-fondé par argument. Compte tenu des enjeux importants liés à l’adoption de cet amendement, le Conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada a adressé aujourd’hui une lettre ouverte au Premier ministre...»

Voici des extraits de cette lettre, signée par Mgr Pierre Goudreault, évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et Président de la Conférence des évêques catholiques du Canada :

«L’abolition de cette disposition (la protection ou exemption fondée sur la croyance de bonne foi dans un texte religieux) risque de créer de l’incertitude chez les communautés de croyants, le clergé, les éducateurs et éducatrices, et d’autres qui pourraient craindre que l’expression d’enseignements moraux ou doctrinaux traditionnels puisse être interprétée à tort comme des discours haineux et exposer une personne à des poursuites pouvant entraîner une peine d’emprisonnement allant jusqu’à deux ans...

«Pour toutes ces raisons, nous exhortons respectueusement le gouvernement du Canada à s’assurer que le projet de loi C-9 ne supprime pas la défense fondée sur des textes religieux du Code criminel… Nous croyons qu’il est possible d’atteindre l’objectif commun de promouvoir une société exempte de haine tout en respectant les droits constitutionnels de millions de Canadiens et Canadiennes qui trouvent leur inspiration morale et spirituelle dans leurs traditions religieuses.

Parlons maintenant du projet de loi québécois. On peut lire sur le site de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec un communiqué daté du 25 novembre 2025, intitulé «Laïcité – Les évêques catholiques du Québec inquiets par les éléments rendus publics». En voici des extraits :

«C’est avec une vive inquiétude que les évêques catholiques du Québec découvrent via les médias d’informations quelques éléments du projet de loi 9 sur la laïcité de l’État qui sera déposé le 27 novembre. Nous constatons avec stupéfaction que le gouvernement propose une entorse radicale aux droits et libertés de la population québécoise.

«Si les mesures dévoilées à ce jour se confirment dans le projet de loi, le gouvernement porterait atteinte non seulement à la liberté de religion, mais aussi à la liberté de conscience, la liberté d’opinion, la liberté d’expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d’association. À nos yeux, le gouvernement n’a pas démontré la nécessité de légiférer ainsi.

«La laïcité concerne l’État et ses représentants directs, non les interactions entre les individus et les groupes qui, ensemble, forment la société. L’expérience religieuse et spirituelle constitue l’une des dimensions fondamentales de la vie humaine et elle doit pouvoir être vécue sans crainte de représailles dans notre société démocratique.»

En résumé, les évêques catholiques du Québec reprochent au projet de loi sur la laïcité de limiter l’expression religieuse des citoyens dans l’espace public et éducatif, interdisant par exemple toute manifestation religieuse sur des lieux publics.

Tous les citoyens du Québec et du Canada sont invités à contacter leurs représentants élus pour leur faire connaître leur désaccord avec ces projets de loi liberticides, qui ne sont pas dignes d’un pays libre, mais de pays totalitaires.

Alain Pilote
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