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Saint Jean de Brébeuf et ses sept
compagnons, patrons du Canada (avec saint Joseph)
depuis 1940.
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Les saints et les bienheureux sont donnés à
l’Église comme exemples de vies courageuses à imiter et, pour la plus grande
gloire de Dieu, un grand nombre d’hommes et de femmes ont, de façon
particulière, marqué l’histoire de l’Église catholique au Canada. Certains
ont donné leur vie pour s’assurer que la Bonne Nouvelle soit répandue en
Amérique du Nord. D’autres, animés d’une foi et d’un amour profonds, ont
consacré leur vie au service de leurs frères et sœurs, qui comptaient bien
souvent parmi les plus démunis de la société. Déclarés saints, bienheureux
ou vénérables au cours des années, ces personnes extraordinaires sont des
phares sur notre chemin, et des exemples de sainteté et de charité que tous
sont appelés à suivre.
L’Église au Canada compte officiellement 14
saints, 12 bienheureux et 12 vénérables. Combien d’entre eux pouvez-vous
nommer? La grande majorité d’entre eux sont nés en France et morts au
Canada, et ont participé à la fondation de l’Église canadienne. En voici la
liste, et nous nous limiterons cette fois-ci à une courte biographie des
vénérables, en remettant à un numéro suivant la biographie des saints et
bienheureux. Le tout dernier ajout à cette liste: la bienheureuse
Elisabeth Turgeon, fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Notre-Dame
du Saint-Rosaire, béatifiée à Rimouski le 26 Avril 2015 (voir
article en page 40).
Les saints
Les premiers Canadiens à avoir été canonisés
sont un groupe de huit missionnaires jésuites (six prêtres et deux
«donnés»), martyrisés entre 1646 et 1649 par les Iroquois, connus depuis
leur canonisation par Pie XI, le 29 juin1930, sous le nom de martyrs
canadiens:
Saint Jean de
Brébeuf (1593-1649)
Saint Noël Chabanel
(1613-1649)
Saint Antoine Daniel
(1601-1648)
Saint Charles Garnier
(1605-1649)
Saint Isaac Jogues
(1602-1646)
Saint Gabriel Lallemant
(1610-1649)
Saint René Goupil
(1607-1642)
Saint Jean de Lalande
(????-1646)
Jusqu’en 1980, le Canada ne comptait que ces
jésuites comme saints et trois autres bienheureux. C’est à partir des années
‘80 que le cardinal Edouard Gagnon (décédé en 2007), qui était alors
président à Rome du Conseil Pontifical pour la Famille (il fut le premier
cardinal canadien attaché à la Curie romaine), se fit le promoteur de la
cause de plusieurs Canadiens qui devinrent saints et bienheureux par la
suite.
Les autres saints canadiens sont:
Sainte Marguerite Bourgeoys
(1620-1700) fondatrice des Sœurs enseignantes de la Congrégation Notre-Dame,
canonisée le 31 Octobre 1982;
Sainte Marguerite d’Youville
(1701-1771), fondatrice des Sœurs de la Charité (surnommées Sœurs Grises),
canonisée le 9 Décembre 1990;
Saint André Bessette
(1845-1937). frère de Sainte-Croix, et fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph
du Mont-Royal à Montréal, canonisé le 17 octobrre 2010;
Sainte Kateri Tekakwitha
(1656-1680), vierge iroquoise, canonisée le 21 Octobre 2012;
Sainte Marie de l’Incarnation
(1599-1672), fondatrice des Sœurs enseignantes Ursulines de Québec,
canonisée le 3 Avril 2014;
Saint François de Laval
(1623-1708), premier évêque de Québec, canonisé le 3 Avril 2014.
Les bienheureux
Le bienheureux André Grasset de
Saint-Sauveur (né à Montréal en 1758, il retourne en France
avec ses parents en 1763, où il est ordonné prêtre, et est martyrisé durant
la Révolution française en 1792). Béatifié le 17 Octobre 1926;
La bienheureuse Marie-Rose
Durocher (1811- 1849), fondatrice des Sœurs enseignantes des Saints Noms de
Jésus et de Marie, béatifiée le 23 Mai 1982;
La bienheureuse Marie-Léonie
Paradis (1840- 1912), fondatrice des Petites Sœurs de la
Saint-Famille, béatifiée le 11 Septembre 1984;
Le bienheureux Louis-Zéphirin
Moreau (1824-1901), quatrième évêque de Saint-Hyacinthe,
béatifié le 10 Mai 1987;
Le bienheureux Frédéric
Janssoone (1838-1916), prêtre franciscain, béatifié le 25
Septembre 1988;
La bienheureuse Marie-Catherine de
Saint-Augustin (1632-1668), fondatrice de l’Hôtel-Dieu de
Québec, béatifiée le 23 Avril 1989 (voir article page 42);
La bienheureuse Dina Bélanger
(1897-1929), Sœur de Jésus-Marie, béatifiée le 20 Mars 1993;
La bienheureuse Marie-Anne
Blondin (1809-1890), fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne,
béatifiée le 29 Avril 2001;
Le bienheureux Vasyl
Velychkovsky, évêque rédemptoriste et martyr (né en Ukraine en
1903 et décédé à Winnipeg au Canada en 1973), béatifié le 27 Juin 2001;
Le bienheureux Nykyta Budka,
évêque martyr (né en Pologne en 1877, mort dans un camp de concentration en
Sibérie en 1949), fut le premier évêque des Ukrainiens catholiques du Canada
à Winnipeg de 1912 à 1927, béatifié le 27 Juin 2001;
La bienheureuse Émilie
Tavernier-Gamelin (1800-1851), fondatrice des Sœurs de la
Providence, béatifiée le 7 Octobre 2001;
La bienheureuse Marie-Elisabeth
Turgeon (1840-1881), fondatrice des Sœurs de
Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, béatifiée le 26 Avril 2015 (voir article en
page 42.)
Ce sont tous des bienheureux et bienheureuses
que nous pouvons invoquer pour intercéder auprès de Dieu et obtenir ainsi
des faveurs ou des guérisons miraculeuses, qui permettront leur canonisation
éventuelle. Mais ce n’est pas tout! Il y a aussi les vénérables qui ont
besoin que nous les prions, pour qu’eux aussi, si telle est la volonté de
Dieu, soient déclarés un jour bienheureux. Et aussi d’autres serviteurs de
Dieu dont les dossiers ont été emvoyés à Rome, et qui pourraient un jour
devenir vénérables. (Dans le cas de la bienheureuse Elisabeth Turgeon, le
miracle pour sa béatification avait eu lieu en 1990, alors qu’elle a été
déclarée vénérable le 11 Octobre 2013.)
Voici donc une courte biographie de chacun et
chacune des vénérables canadiens:
Le vénérable Vital Grandin
(1829-1902)
Vital Grandin est né à
Saint-Pierre-sur-Orthe en Mayenne (France) le 8 Février 1829, neuvième d’une
famille de treize enfants. Se sentant appelé à l’apostolat des missions, ils
joint les Oblats de Marie Immaculée. Son désir était d’être le premier Oblat
martyr. Il est ordonné prêtre le 23 Avril 1864 par le fondateur de la
communauté, Saint Eugène de Mazenod, qui l’envoie comme missionnaire dans
l’Ouest canadien, où il passera les cinquante dernières années de sa vie. À
28 ans, il est nommé évêque coadjuteur de Saint-Boniface. Sa devise:
«
Infirma mundi elegit Deus» – Dieu choisit les faibles de ce monde.
À travers les difficultés et les dangers (la faim, le froid, les moustiques,
etc.), il parcourt les vastes territoires des Prairies, abat du bois,
chasse, pêche, arpente les glaces, risque sa vie sur les lacs gelés, allant
de village en village pour évangéliser les Amérindiens. On a calculé que
dans ses voyages en raquette et en canot d’écorce, Mgr Grandin a parcouru
une distance égale à sept fois au moins le tour du monde. Le 22 septembre
1871, il est nommé premier évêque du nouveau diocèse de Saint-Albert
(maintenant appelé l’archidiocèse d’Edmonton), un diocèse ayant alors deux
fois la superficie de la France. Malgré des maux d’oreilles, il est demeuré
en poste comme évêque jusqu’à sa mort à Saint-Albert, le 3 Juin 1902. Il a
été déclaré vénérable le 15 Décembre 1966.
Le vénérable Alfred Pampalon
(1867-1896)
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Alfred Pampalon est né le
24 Novembre 1867 à Lévis, au Québec. À l’âge de 17 ans, il est atteint d’une
maladie pulmonaire. Sur la côte de Beaupré, existait un sanctuaire dédié à
Sainte Anne. Tout l’entourage d’Alfred va y prier pour sa guérison, et
celui-ci fait vœu de devenir prêtre rédemptoriste s’il guérit. Les
Rédemptoristes n’ayant pas encore de maison au Québec, Alfred s’embarque
pour la Belgique en 1886, et y est ordonné prêtre le 4 Octobre 1892. Ses
supérieurs l’envoient à Mons en Belgique où il exerce son ministère en
enseignant le catéchisme, visitant les malades, parlant de l’Évangile, dans
la plus grande douceur, avec la plus profonde charité, puisant ses forces
dans l’Eucharistie et la récitation du chapelet. Il disait: «J’ai promis à
ma Bonne Mère de devenir un saint! Et ma confiance en elle me le fait
espérer!». Ne pouvant plus assumer sa charge en raison de la tuberculose,
Alfred revient au Canada en 1895, et réintègre le monastère de Sainte-Anne
de Beaupré, où il continue à exercer son ministère à la Basilique, malgré
ses souffrances et son mal. Le 30 Septembre 1896, après avoir entonné le
Magnificat, il fixe les yeux au ciel, comme s’il avait une vision, et meurt,
âgé de 28 ans, entouré de ses frères Rédemptoristes, un an exactement avant
la mort de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Son tombeau est situé dans la
crypte de la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré. Il a été déclaré vénérable le
14 Mai 1991. On l’invoque spécialement pour les cas d’alcoolisme et de
toxicomanie.
La vénérable Elisabeth Bergeron
(1851-1936)
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Née le 25 Mai 1851 à La
Présentation, près de Saint-Hyacinthe, elle est la quatrième d’une famille
de onze enfants. Alors qu’elle a 14 ans, sa famille émigre aux États-Unis à
la suite de la crise économique. Elle travaille dans une filature de coton,
et se rend compte que ses amis ignorent à peu près tout de la religion. Elle
les invite à la maison pour leur enseigner le catéchisme. Elle découvre un
intérêt pour le catéchisme alors qu’elle travaille à refiler le coton.
Revenue au pays en 1870, après avoir été refusée par trois communautés, elle
soumet son désir de vie religieuse à l’évêque de Saint-Hyacinthe, le
bienheureux Louis-Zéphirin Moreau, qui lui demande de fonder une communauté
enseignante pour les enfants des campagnes. Elle lui répond: «Si vous pensez
que je puisse répondre à votre projet malgré mon ignorance et mes
inaptitudes, je suis à votre disposition». Le 12 Septembre 1877, entourée de
trois compagnes, Elisabeth fonde officiellement les Sœurs de Saint-Joseph de
Saint-Hyacinthe, et prend le nom de Mère Saint-Joseph. Deux ans plus tard,
Mgr Moreau nomme une nouvelle supérieure pour la jeune communauté. La
fondatrice se plie à la volonté de son évêque et devient assistante
générale, poste qu’elle occupera jusqu’en 1925. Elle décède le 29 avril
1936, et a été déclarée vénérable le 12 Janvier 1996.
La vénérable Délia Tétreault
(1865-1941)
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Née le 4 Février 1865 (il
y a donc 150 ans en 2015) à Marieville (paroisse voisine de Rougemont) au
Québec, d’une famille de cultivateurs qui comptait déjà six enfants. À sa
naissance, elle est accompagnée d’un frère jumeau, qui ne vivra que sept
mois. Au décès de sa mère, Délia, âgée alors de deux ans et sept mois, est
adoptée par son oncle parrain Jean Alix et sa tante Julie. Encore enfant, la
lecture des Annales de la Propagation de la foi et de la Sainte-Enfance,
dénichées au grenier de la maison, l’impressionne au point d’en rêver.
«J’étais à genoux près de mon lit, et tout à coup, j’aperçus un champ de
beaux blés mûrs qui s’étendait à perte de vue. À un moment donné, tous ces
blés se changèrent en têtes d’enfants.» Délia elle-même restera toujours de
santé délicate, et elle en souffrira particulièrement au temps de ses
études. Pendant dix ans, Délia travaille à l’œuvre du Père Pichon, s.j.,
dans un quartier pauvre de Montréal, auprès des plus démunis. Visites aux
malades, catéchèse aux marginaux, bénévolat sans salaire remplissent sa vie.
En 1883, elle se sent appelée à fonder une congrégation pour servir les
missions dans les terres étrangères. Elle fondera une première école de
formation en 1902, qui deviendra les Sœurs missionnaires de
l’Immaculée-Conception, avec l’approbation du pape Pie X. Prenant en
religion le nom de Marie du Saint-Esprit, elle lance aussi une revue appelée
Le Précurseur. La maladie la terrasse en 1933. Paralysée durant huit ans,
elle vit sa consécration religieuse «comme un holocauste de perpétuelle
action de grâce». Elle meurt le 1er Octobre 1941, et a été déclarée
vénérable par le Pape Jean-Paul II le 18 Décembre 1997. Sa congrégation
compte plus de 550 religieuses dispersées dans 38 maisons de 8 pays
différents, sur les cinq continents.
Le vénérable Jérôme Le Royer de la
Dauversière (1587-1659)
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Bien
qu’ayant toujours vécu en France, il est tout à fait juste de l’inclure dans
cette liste de vénérables canadiens, car c’est lui qui conçut en 1630 le
projet de la fondation de Ville-Marie (qui prendra plus tard le nom de
Montréal), lui qui supporta la plus lourde part de responsabilités, qui
organisa l’entreprise et la soutint jusqu’à sa mort de ses deniers et de son
activité incessante. Né à La Flèche le 18 Mars 1597, il fonde tout d’abord
avec Marie de la Ferre les Sœurs hospitalières de Saint-Joseph, qui devront
s’occuper du premier hôpital (Hôtel-Dieu) de Montréal, ayant comme fonction
non seulement de soigner les malades, mais de hâter l’épanouissement de la
foi catholique dans cette nouvelle colonie. En 1641, deux navires quittent
le port de La Rochelle, dirigés par Paul Chomedey, sieur de Maisonneuve, et
Jeanne Mance, qui s’occupera de l’hôpital. Ils passent l’hiver à Québec, et
atteindront l’île de Montréal le 17 Mai 1632. Usé par de douloureuses
maladies et d’effrayantes austérités, M. de La Dauversière rend son âme à
Dieu le 6 Novembre 1659. Il a été déclaré vénérable par Benoît XVI le 6
Juillet 2007.
Le vénérable Adolphe Chatillon
(1871-1929)
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Adolphe Chatillon est né
à Nicolet, au Québec, le 31 Octobre 1871. Deux de ses frères deviendront
prêtres. Devenu orphelin à neuf ans, Adolphe est mis en pension à la
Baie-du-Febvre puis à Yamachiche. À 13 ans, en 1884, il se présenta au
Petit-Noviciat de Montréal pour y devenir Frère des écoles chrétiennes de
saint Jean-Baptiste de La Salle. Le 26 Juillet 1887, il entreprit son
noviciat sous le nom de Frère Théophanius-Léo. Les talents et le dévouement
du jeune professeur ne tardèrent pas à attirer l’attention de ses
Supérieurs. Il s’ingéniait à rendre son enseignement le plus vivant
possible. Il s’attardait davantage pour aider ceux qui avaient quelques
difficultés. Il apportait un soin spécial à rendre captivant l’enseignement
du catéchisme. Il avait pris comme devise: «Rendre heureux pour rendre
meilleur». Après dix ans de professorat, il devient formateur des Frères
novices de sa communauté. En 1923, il est appelé à visiter les maisons de
formation de l’Amérique du Nord, un travail alourdi par la longueur des
voyages et les atteintes sourdes de la maladie qui devait l’emporter.
Atteint d’un cancer de l’intestin, il s’éteint paisiblement entouré des
siens, le dimanche 28 Avril 1929. Il a été déclaré vénérable le 2 avril
2011.
Vénérable Marie-Josephte Fitzbach
(1806-1885)
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Marie-Josephte
Fitzbach est née le 16 Octobre 1806 à Saint-Vallier, au Québec. Elle est la
septième des huit enfants de Charles Fitzbach, natif du Luxembourg, et de
Geneviève Nadeau, native du village voisin, Saint-Michel. Quand son père
meurt, sa mère se remarie avec un veuf de Saint-Charles-de-Bellechasse, où
la famille déménage. À treize ans, Marie-Josephte entre au service d’une
famille aisée de Québec. Trois ans plus tard, elle trouve un emploi dans la
famille François-Xavier Roy, marchand. Tout en assumant l’intendance de la
maison, le soin des deux enfants et l’aide au commerce, elle prend des cours
de français, d’écriture et de comptabilité. Elle se sent appelée à la vie
religieuse, mais elle essuie des refus des Augustines puis des Ursulines de
Québec, qui craignent qu’elle n’ait pas la santé nécessaire. La mort
prématurée de Madame Roy en 1827 change le cours de la vie de
Marie-Josephte. Désemparé, monsieur Roy liquide son commerce et se retire à
Cap-Santé avec ses enfants, et propose le mariage à Marie-Josephte, qui
accepte. Elle a 21 ans. Devenue madame Roy, Marie accueille les pauvres,
soulage les misères, enseigne le catéchisme aux enfants. La naissance de
trois filles comble le foyer Roy. Hélas, cinq années ne sont pas écoulées
que la mort lui ravit son époux. La famille Roy réclame la garde des deux
enfants issus du premier mariage, avec la plus grande part de l’héritage
paternel. Marie se retrouve seule, moins fortunée, avec ses trois filles
âgées de quatre, trois et deux ans. Elle entre au service de l’abbé
Dufresne, curé de Saint-Gervais, et place ses trois filles au pensionnat de
la Congrégation de Notre-Dame à Pointe-aux-Trembles. Quelque temps après, le
curé Dufresne se noie accidentellement.
À la nomination d’un nouveau pasteur, elle
quitte les lieux. Marie a 37 ans. Ses filles, Séraphine et Célina
poursuivent leurs études à Québec. Clorinde, la cadette, demeurée avec sa
mère, est emportée par la maladie à l’âge de quatorze ans. Leurs études
terminées, ses filles deviendront les deux premières Sœurs de la Charité de
Québec, nouvelle congrégation fondée par la vénérable Marcelle Mallet.
L’année suivante, à la demande de l’archevêque de Québec, Marie-Josephte
accepte de s’occuper des détenues à leur sortie de prison. C’est ainsi que
l’Asile Sainte-Madeleine ouvre ses portes en 1850. Six ans plus tard,
Marie-Josephte devient mère Marie du Sacré-Cœur, fondatrice et première
supérieure des Servantes du Cœur Immaculé de Marie dites Sœurs du
Bon-Pasteur de Québec. Avant sa mort, elle résume sa vie aux sœurs de la
communauté «J’ai toujours aimé le bon Dieu de tout mon cœur et mon plus
grand désir fut de le faire aimer.» Avant d’expirer, elle dit: «Il ne me
reste plus qu’à mourir! Que c’est beau le ciel! Oh! que le ciel est beau!»
C’est le 1er Septembre 1885. Marie a 78 ans. Elle a été déclarée vénérable
le 18 Juin 2012.
Le vénérable Antoine Kowalczyk
(1866-1947)
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Antoine Kowalczyk naît à
Dziersanow, en Pologne, le 4 Juin 1866, dans une famille nombreuse et
pauvre, mais très croyante. Il est baptisé au sanctuaire marial de
Lutogniew; cette attention de Marie n’est que la première d’une série de
grâces qu’elle lui prodiguera tout au long de sa vie. Intelligent et
débrouillard, il doit commencer à travailler dès l’âge de 13 ans, pour aider
sa famille, au détriment de ses études. À 16 ans, il devient apprenti
forgeron. Maître en son métier, Antoine émigre à Hambourg, Allemagne, où, à
24 ans, il reçoit le sacrement de confirmation. Dans un grand établissement
sidérurgique, il affronte les moqueries et les sarcasmes des ouvriers.
Déménagé à Cologne, il prend pension chez une fervente catholique qui
l’accompagne chaque matin à la messe de 5h30, et lui suggère de se joindre
aux Oblats. Se croyant trop vieux à 24 ans pour étudier, il s’offre comme
frère et est accepté. Il fait son noviciat à Saint-Gerlach, Hollande. Sa
première obédience, en 1892, l’envoie au juniorat de Saint-Charles,
Hollande, homme à tout faire. Il y passe quatre ans. À plusieurs reprises,
Antoine se porte volontaire pour les missions. En 1895, il passe à un cheveu
près de partir pour le Ceylan, mais à trois jours du départ, tout est
annulé! L’année suivante, le père Cassien Augier, supérieur général, en
partance pour le Canada l’emmène avec lui. Antoine s’en va à Lac-la-Biche,
en Alberta, mécanicien d’un moulin à scie. Le 15 Juillet 1897, le Frère
Antoine est victime d’un accident: bras droit cassé, main déchiquetée. À son
arrivée à l’hôpital général d’Edmonton, après un voyage ininterrompu de six
jours, la gangrène avancée commande l’amputation immédiate. Après un stage
de 14 ans (1897-1911) à Saint-Paul-des-Métis, où il est à la fois
ingénieur-mécanicien, jardinier et dépanneur universel, il arrive à Edmonton
où, durant 36 ans, il édifiera dans tous les sens du mot. Au juniorat
Saint-Jean, sa responsabilité couvre tous les domaines de l’institution. Son
attitude simple et joviale symbolise l’idéal surnaturel que les jeunes
peuvent poursuivre. Pas question de vacances pour lui, ni de retour dans sa
Pologne bien-aimée, par sacrifice. Il marche les yeux modestement baissés,
le chapelet à la main. On le surnomme Frère Avé. Victime de paralysie, le
Frère Antoine décède à Edmonton, le 10 Juillet 1947, à l’âge de 81 ans. Il a
été déclaré vénérable le 27 Mars 2013.
La vénérable Rosalie Cadron-Jetté
(1794-1864)
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Rosalie Cadron est
née à Lavaltrie, au Québec, le 27 Janvier 1794. À 17 ans, elle épouse
Jean-Marie Jetté. Entre 1812 et 1832, ils auront onze enfants, dont cinq
mourront en bas âge. Le 14 Juin 1832, Jean-Marie Jetté meurt du choléra,
laissant Rosalie veuve à 38 ans avec sept enfants. Dès 1840, Mgr Ignace
Bourget, évêque de Montréal, fait appel à Rosalie lorsque des mères
célibataires se confient à lui. C’est ainsi qu’entre 1840 et 1845, Rosalie
place plus de vingt-cinq femmes chez des personnes disposées à les recevoir
dans le secret. Elle s’impliquera également dans le suivi de chacune de ces
grossesses, naissances et rétablissements. Elle fait souvent appel à ses
propres enfants, maintenant établis, pour prendre soin des futures maman et
en reçoit même quelques-unes chez elle. Après chaque naissance, Rosalie
Cadron-Jetté fait baptiser le nouveau-né à la basilique Notre-Dame de
Montréal, et en devient la marraine. En 1845, Mgr Bourget lui demande de
fonder une communauté qui s’occuperait des mères célibataires. Un hospice
est fondé, et en 1848, à l’âge de 53 ans, Rosalie Cadron-Jetté et sept
consœurs de travail de l’hospice prononcent leurs vœux de religion. Rosalie
devient Mère de la Nativité; ensemble, les huit femmes de l’hospice forment
l’Institut des Sœurs de Miséricorde. Rosalie Cadron-Jetté meurt le 5 avril
1864, et elle a été déclarée vénérable le 9 Décembre 2013 par le Pape
François.
La vénérable Marcelle Mallet
(1805-1871)
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Marcelle Mallet est née à
la Côte-des-Neiges (Montréal), le 26 Mars 1805. Après sa première communion,
elle rejoint son unique frère, Narcisse, à Lachine, chez des parents
adoptifs qui lui prodiguent tendresse et confort. En Mai 1824, elle entre
dans la congrégation des Sœurs de la Charité (surnommées Sœurs Grises) de
Montréal, fondée par Marguerite d’Youville, à la spiritualité compatissante
et active. En 1849, Mère Marcelle est désignée par les autorités de la
Congrégation pour être la Supérieure fondatrice d’une maison à Québec. Ainsi
débute l’Institut des Sœurs de la Charité de Québec. Avec quelques
compagnes, Mère Mallet commence immédiatement son œuvre de charité: soin des
malades à domicile, visite des pauvres, hébergement des orphelines, l’aide
aux séminaristes, l’ouverture d’un dispensaire pour les pauvres. Mère Mallet
décède le 9 Avril 1871, dimanche de Pâques. Elle a été déclarée vénérable le
27 Janvier 2014. Ses Sœurs sont maintenant actives au Québec, aux
États-Unis, au Japon, au Paraguay, en Argentine et en Uruguay.
Le vénérable Marie-Clément Staub
(1876-1936)
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Joseph Staub est né à
Kaysersberg, en Alsace (France), le 2 Juillet 1876. À 14 ans, le jeune homme
entre chez les Augustins de l’Assomption, congrégation fondée en 1850 par le
Père Emmanuel d’Alzon. Le 6 Septembre 1896, avec l’habit assomptionniste, il
reçoit le nom de Frère Marie-Clément. Ordonné prêtre à Rome le 19 Mars 1904.
il décide de se faire l’apôtre du Sacré Cœur de Jésus. Ses supérieurs
l’envoient aux États-Unis, au collège des Pères de l’Assomption à Worcester,
Massachusetts. II se rend vite compte que le personnel affecté au service
domestique des prêtres n’a pas toujours les qualités souhaitables de
discrétion, d’attention et de disponibilité. Une ménagère de presbytère lui
suggère alors d’offrir à Jeanne d’Arc des sœurs qui, regroupées en une
congrégation religieuse, offriraient leur vie et leur travail pour les
prêtres. C’est ainsi qu’à Noël 1914, à Worcester, le Père Clément-Marie
devient le fondateur des Sœurs de Sainte-Jeanne d’Arc. En 1917, à la demande
du Père Marie-Clément, le cardinal Bégin de Québec accepte d’ouvrir son
diocèse aux Pères Assomptionnistes et aux Sœurs de Sainte-Jeanne d’Arc,
autorisant en même temps le père à y fonder un centre canadien pour
l’Archiconfrérie de prière et de pénitence, mieux connue aujourd’hui sous le
nom de «Montmartre canadien». Pendant plus de vingt ans, il emploie ses
talents à la formation de la nouvelle congrégation religieuse qu’il a
fondée, tout en continuant à prêcher des retraites pour faire connaître
l’amour du Cœur de Jésus. Il décède à la maison mère des Sœurs de
Sainte-Jeanne d’Arc à Sillery (Québec) le 16 Mai 1936, à l’âge de 59 ans. Il
a été déclaré vénérable le 3 Avril 2014.
La vénérable Jeanne Mance
(1606-1673)
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Jeanne Mance naquit à Langres en France (département de la
Haute-Marne) le 12 Novembre 1606. Deuxième d’une famille de douze enfants,
elle doit très jeune remplacer sa mère morte prématurément et s’occuper de
ses frères et sœurs. Très jeune aussi, elle voulut donner sa vie à Dieu et
ressentit un appel missionnaire pour le Canada. «Je sais que Dieu me veut en
Canada, mais je ne sais ni où, ni pour quelle mission, je m’abandonne
entièrement à sa volonté.» Après discernement elle part avec Paul de
Chomedey et une recrue d’hommes. Elle aborde l’île de Montréal le 17 mai
1642 pour y établir Ville-Marie: elle devient cofondatrice de cette colonie.
Avec l’aide financière de Mme de Bullion, Jeanne Mance fonde l’Hôtel-Dieu et
soigne les blessés et les malades, tant français qu’amérindiens. Elle
prépare la venue des Hospitalières de Saint-Joseph. En 1659, connaissant les
desseins du fondateur Jérôme Le Royer, Jeanne Mance revient de France avec
les trois premières Hospitalières. Alors commence l’histoire de la grande
collaboration entre les Hospitalières de Saint-Joseph et cette laïque,
jusqu’à sa mort qui survient le 18 Juin 1673. Elle a été déclarée vénérable
le 8 Novembre 2014. Sa dépouille repose dans la crypte de la chapelle de
l’actuel Hôtel-Dieu de Montréal.
Remercions Dieu pour tous ces exemples de
foi et de dévouement, et prions-les pour qu’ils intercèdent pour le
peuple canadien!
Les trois étapes vers la sainteté
Tous les
chrétiens aspirent à
devenir saints, c’est-à-dire, des personnes maintenant
rendues au paradis (qu’elles aient été officiellement
canonisées ou non) qui ont vécu des vies de grande
charité et de vertus héroïques. Selon les procédures
officielles de l’Église catholique, il existe trois
étapes pour parvenir au statut officiel de saint (comme
les médailles de bronze, d’argent et d’or sur un
podium): on devient vénérable, bienheureux, et puis
saint.
Tout dossier débute par
une enquête au niveau diocésain. Ensuite, le dossier est
transféré à Rome qui accorde le titre de vénérable à une
personne décédée qui a vécu les vertus de foi,
d’espérance et de charité à un degré héroïque. Pour être
reconnu comme bienheureux, un miracle doit être reconnu
par l’Église, obtenu par l’intercession de ce vénérable.
Pour la troisième et dernière étape, un autre miracle,
qui doit s’être produit après la béatification de la
personne en question, doit aussi être reconnu par Rome.
Le Pape peut exceptionnellement décider de canoniser un
bienheureux sans qu’il y ait eu de second miracle. C’est
ce que le Pape François a fait récemment en Avril 2014
avec saint François de Laval et sainte Marie de
l’Incarnation. Les saints sont vénérés dans l’Église
universelle, et les bienheureux le sont dans l’Église
locale (diocésaine).
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