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Pourquoi le dividende social est la meilleure forme de revenu minimum de base

Par Alain Pilote

Alain Pilote.
Alain Pilote.

Avec le développement récent de l’intelligence artificielle et la fabrication de robots qui peuvent accomplir la plupart des tâches humaines, un bouleversement majeur est appelé à se produire sur le marché du travail: des millions d’employés seront remplacés par des robots, qui ne dorment pas, ne mangent pas, peuvent travailler jour et nuit, en accomplissant ces tâches beaucoup plus rapidement que pourraient le faire des humains. Et alors apparaît un problème majeur: si tous ces sans-emploi ne reçoivent plus de salaire, quelle sera leur source de revenu?

Différents acteurs du milieu industriel en ont parlé: Lors du Aspen Ideas Festival, tenu le 27 juin 2025, le président de Ford Motor, Jim Farley, a déclaré que l’IA (intelligence artificielle) «va littéralement remplacer la moitié des cols blancs aux États-Unis». Jensen Huang, PDG de Nvidia (producteur de cartes graphiques pour ordinateurs, mais surtout de puces qui alimentent les modèles d’IA les plus puissants), déclarait, lors de la Global Conference 2025 du Milken Institute: «Tous les emplois seront affectés (par l’IA) et immédiatement.»

C’est ce qui fait que plusieurs personnalités, tant du milieu des affaires que de la politique, ont suggéré qu’il était temps d’appliquer une formule de revenu minimum de base, ou revenu annuel garanti. Tout récemment, Elon Musk, président de Tesla, la compagnie qui fabrique les robots Optimus, a déclaré qu’on n’aura pas le choix d’en venir à un revenu de base universel «élevé» (pas juste le minimum vital), sous forme de chèques émis par le gouvernement fédéral.

Cette idée d’un revenu garanti pour tous fait son chemin parmi les esprits, parfois sous d’autres noms – revenu universel, revenu d’existence, allocation universelle, revenu de citoyenneté, revenu de base, etc. – entre autres parce qu’on est forcé de reconnaître les défaillances des politiques sociales actuelles, et que le progrès technologique élimine de plus en plus le besoin d’employer les gens, les privant ainsi de revenus. Dès 1930, l’économiste John Maynard Keynes écrivait, dans «Economic Possibilities for our Grandchildren» (Les alternatives économiques qui s’ouvrent à nos petits-enfants):

«Nous souffrons d’une nouvelle maladie dont certains de mes lecteurs n’auront pas même encore entendu mentionner le nom, mais dont ils entendront abondamment parler dans les années qui viennent – à savoir le chômage technologique. Ce qui veut dire le chômage dû au fait que nous découvrons des moyens d’économiser l’utilisation du travail à un rythme plus rapide que celui auquel nous parvenons à trouver au travail de nouveaux débouchés.»

Durant l’arrêt forcé de pratiquement tous les emplois durant la période de confinement due au COVID-19 en 2020, les gouvernements de plusieurs pays ont mis sur pied des programmes d’urgence pour venir en aide à ceux qui ont perdu leurs salaires, et aux entreprises qui risquent de faire faillite. Évidemment, toutes ces aides ont coûté des milliards de dollars à tous ces pays, et ont fait gonfler leur dette à des niveaux encore jamais atteints.

Tous conviennent que, malgré cet endettement massif, les gouvernements n’avaient pas le choix, car on ne pouvait laisser les gens crever de faim. Mais tous ces programmes sont soumis à différentes règles, qui font que plusieurs parmi la population sont oubliés, et ne reçoivent aucune aide, ou si peu, ou bien quand l’aide vient, c’est seulement plusieurs semaines plus tard. De plus, ces programmes sont lourds à administrer, demandant beaucoup d’enquêtes et de fonctionnaires.

Au Canada, plusieurs personnalités, parmi les médias et même les politiciens, ont suggéré au gouvernement canadien qu’il était temps d’appliquer une formule de revenu minimum de base, ou revenu annuel garanti. Par exemple, le 21 avril 2020, cinquante sénateurs, soit près de la moitié des membres du Sénat canadien, ont envoyé une lettre au premier ministre d’alors (Justin Trudeau), pour lui demander la mise en place d’un «revenu minimum de base» afin d’empêcher d’autres Canadiens de « tomber entre les mailles du filet et créer ainsi «un héritage positif pour tous les Canadiens». Selon le Réseau canadien pour le revenu garanti, chaque adulte au Canada serait en droit de recevoir 22 000 dollars par année.

En avril 2020, dans une lettre au sujet de la pandémie, les évêques catholiques du Québec proposaient «la mise en place durable d’une formule de revenu minimum garanti pour tous les citoyens.» Et l’exemple venait de haut: en effet, le Pape François lui-même, dans une lettre aux mouvements populaires, datée du dimanche de Pâques, 12 avril 2020, écrivait:

«C’est peut-être le moment d’envisager un revenu de base universel qui reconnaîtrait et honorerait les tâches nobles et essentielles que vous accomplissez». (La lettre était écrite en espagnol, et le pape utilisait l’expression « salario universal », ce qui est l’équivalent en français de revenu de base.

Le développement le plus récent et concret au Canada à ce sujet est le dépôt au Sénat, le 28 mai 2025, du projet de loi S-206 par la sénatrice indépendante Kim Pate, qui «oblige le ministre des Finances à élaborer un cadre national pour garantir un revenu de base suffisant à toute personne de plus de 17 ans au Canada» et précise que «la participation au marché du travail ou à un programme de formation ne serait pas une condition d’admissibilité.» Cependant, depuis son renvoi en comité le 6 novembre 2025, ce projet de loi n’a plus été discuté au Sénat, restant donc en vie juridiquement, mais dormant en comité, sans activité notable (les libéraux n’en faisant pas une priorité, et les conservateurs étant contre).

Comme on le voit, on discute de l’idée, mais le problème demeure toujours: comment financer ce revenu de base? Le pays devra-t-il s’endetter davantage? Et la crainte de plusieurs, c’est que ce revenu soit versé sous forme de monnaie digitale de banque centrale, lié à plusieurs conditions (comment nous pouvons dépenser cet argent), pour contrôler la population davantage.

La solution: le dividende social

Comme on le voit, le problème, c’est qu’on n’offre pas de solution pour financer ce revenu, sauf en s’endettant ou en taxant les plus riches. Les lecteurs réguliers de Vers Demain savent que Clifford Hugh Douglas et Louis Even proposent une solution beaucoup plus efficace, celle du dividende social, où l’on n’aurait besoin de taxer personne ni de s’endetter:

Un dividende – une somme d’argent versée à chaque mois à chaque citoyen, sans condition, c’està-dire, peu importe nos revenus, que l’on soit salarié ou non. Ce serait ainsi reconnaître chaque citoyen comme étant cohéritier des richesses naturelles et du progrès (toutes les inventions accumulées depuis des siècles), ce que Douglas appelle l’héritage culturel. Ce dividende serait financé par de l’argent nouveau sans intérêt par un Office national du crédit, ou banque centrale de la nation.

Mais ce dividende n’a de sens que dans la mesure où il est appliqué avec les deux autres principes de la Démocratie Économique:

1. L’argent nouveau appartient à la société, et non pas à des compagnies privées (les banques commerciales), et doit être émis par un organisme créé par l’État, un Office national de crédit. En vérité, l’argent tire sa valeur de la capacité de production du pays, du fait qu’il existe des richesses naturelles et des travailleurs disposés à développer ces ressources.

2. L’autre principe de la Démocratie Économique, c’est l’escompte compensé — un rabais sur les prix compensé au vendeur — pour empêcher toute hausse des prix, donc toute inflation.

Pourquoi un revenu à tous, et pourquoi l’appeler dividende?

Lorsqu’on parle de quelqu’un qui reçoit des dividendes, on pense généralement à celui qui possède des actions dans une compagnie, et qui reçoit ainsi une part des profits. Eh bien, on peut dire en toute vérité que chaque citoyen du pays, chaque membre de la société est co-capitaliste, propriétaire d’un capital réel et immensément productif.

Il a été dit précédemment que l’argent, ou crédit financier est, à sa naissance, propriété de toute la société. Il l’est, parce qu’il est basé sur le crédit réel, sur la capacité de production du pays. Cette capacité de production est faite, certes, en partie, du travail, de la compétence de ceux qui participent à la production. Mais elle est faite surtout, et de plus en plus, d’autres éléments qui sont propriété de tous.

Il y a d’abord les richesses naturelles, qui ne sont la production d’aucun homme; elles sont un don de Dieu, une gratuité qui doit être au service de tous. Il y a aussi toutes les inventions faites, développées et transmises d’une génération à l’autre. C’est le plus gros facteur de production aujourd’hui. Et nul homme ne peut prétendre, plus qu’un autre, à la propriété de ce progrès, qui est fruit de générations.

Sans doute, il faut des hommes actuels pour le mettre à contribution – et ceux-là ont droit à une récompense: ils la reçoivent en rémunération: salaires, traitements, etc. Mais un capitaliste qui ne participe pas personnellement à l’industrie où il a placé son capital a droit quand même à une part du résultat, à cause de son capital.

Eh bien! Le plus gros capital réel de la production moderne, c’est bien la somme des découvertes, des inventions progressives, qui font qu’aujourd’hui, on obtient plus de produits avec moins de travail. Et puisque tous les vivants sont, à titre égal, cohéritiers de cet immense capital qui s’accroît toujours, tous ont droit à une part des fruits de la production. L’employé a droit à ce dividende et à son salaire. Le non-employé n’a pas de salaire, mais a droit à ce dividende, que nous appelons social, parce qu’il est le revenu d’un capital social.

Karl Marx prétendait que le travail (le prolétariat) créait toute la richesse. Adam Smith disait que le capital (celui qui investit de l’argent dans une entreprise) avait aussi sa part. Mais tous deux ignorent ce que Douglas appelle «l’héritage culturel», ce fameux héritage des ressources naturelles et des inventions, responsable de plus de 90% de la production du pays. En fait, quand on parle des pauvres, il est tout à fait juste de parler de «déshérités», car ce sont des gens à qui on a refusé leur héritage.

Le dividende du Crédit Social (ou Démocratie Économique) est donc basé sur deux choses: l’héritage des richesses naturelles et des inventions des générations précédentes. C’est exactement ce que le Pape Jean-Paul II écrivait en 1981 dans son Encyclique Laborem Exercens, sur le travail humain (n. 13):

«L’homme, par son travail, hérite d’un double patrimoine: il hérite d’une part de ce qui est donné à tous les hommes, sous forme de ressources naturelles et, d’autre part, de ce que tous les autres ont déjà élaboré à partir de ces ressources, en réalisant un ensemble d’instruments de travail toujours plus parfaits. Tout en travaillant, l’homme hérite du travail d’autrui.»

Combler le manque de pouvoir d’achat

Une autre raison de verser un dividende à chaque citoyen est de nature mathématique: c’est que le système financier actuel crée un manque chronique de pouvoir d’achat.

Quand la production est financée, elle fonctionne. Quand elle fonctionne, elle distribue l’argent qui sert à la financer. L’argent ainsi distribué, sous forme de salaires, profits, dividendes industriels, constitue du pouvoir d’achat pour ceux qui le reçoivent. Mais:

Premièrement, l’industrie ne distribue jamais le pouvoir d’achat au même régime qu’elle bâtit ses prix; deuxièmement, la production ne distribue pas de pouvoir d’achat à tout le monde. Elle n’en distribue qu’à ceux qui sont employés par elle.

Même si les banques ne chargeaient aucun intérêt sur l’argent qu’elles prêtent, il existerait toujours un manque de pouvoir d’achat, car jamais l’argent distribué en salaires ne peut acheter toute la production, qui comprend d’autres éléments dans ses prix.

Certains économistes prétendent que la production finance automatiquement la consommation, que les salaires distribués suffisent pour acheter tous les biens mis en vente (loi de Say), mais les faits prouvent le contraire. L’ingénieur écossais Clifford Hugh Douglas fut le premier à démontrer ce manque chronique de pouvoir d’achat, et à y apporter une solution scientifique, connue sous le nom de «Démocratie Économique» ou «Crédit Social». Douglas explique ainsi ce manque de pouvoir d’achat par ce qu’il appelle le «théorème A + B»:

A ne peut acheter A + B

Le producteur doit inclure dans ses prix tous ses coûts de production s’il désire rester en affaires. Les salaires distribués à ses employés – que Douglas appelle «paiements A» – ne sont qu’une partie du coût de production du produit. Le producteur a aussi d’autres coûts de production qui ne sont pas distribués en salaires, mais qu’il doit inclure dans ses prix: les paiements pour les matériaux, les taxes, les frais bancaires, l’entretien et le remplacement des machines, etc. Douglas appelle ces paiements faits à d’autres organisations les «paiements B».

Le prix de vente du produit doit inclure tous les coûts: les salaires (A) et les autres paiements (B). Le prix de vente du produit sera donc A + B. Alors, il est évident que les salaires (A) ne peuvent acheter la somme de tous les coûts (A + B). Il y a donc un manque chronique de pouvoir d’achat dans le système.

Quand le produit fini est offert au public, il est accompagné de son prix. Mais une partie de l’argent figurant dans ce prix fut distribuée, peut-être, il y a six mois, un an, ou plus. Une autre partie le sera seulement après que le produit aura été vendu et que le marchand se sera servi de son profit. Une autre partie, dans dix ans peut-être, quand la machine, dont l’usure est inscrite en frais dans les prix, sera remplacée par une machine neuve, etc.

Puis, il y a des personnes qui reçoivent de l’argent et ne s’en servent pas. (Ils l’épargnent.) Cet argent est dans les prix; il n’est pas dans le pouvoir d’achat de ceux qui ont besoin des produits. Le remboursement des prêts bancaires à terme fixé et le système fiscal actuel accentuent encore la discordance entre les prix et le pouvoir d’achat.

Certains peuvent répliquer que les entreprises payées par les paiements «B» (celles ayant fourni la matière première, la machinerie, etc.) paient des salaires à leurs propres employés, et qu’une partie des paiements «B» devient ainsi des paiements «A» (salaires). Cela ne change rien à la vérité de ce qui a été dit précédemment: c’est tout simplement un salaire distribué à une autre étape de la production, et ce salaire (A) ne se distribue pas sans entrer dans un prix, qui ne peut être moindre que A + B; l’écart existe toujours.

Même si on essaie d’augmenter les salaires pour rattraper les prix, la hausse des salaires sera incluse automatiquement dans les prix, et rien ne sera réglé. Pour pouvoir acheter toute la production, il faut donc un revenu supplémentaire en dehors des salaires, au moins égal à B. C’est ce que ferait le dividende du crédit social, accordé à chaque mois à chaque citoyen du pays. (Répétons-le, ce dividende serait financé par de l’argent nouveau créé par la nation, et non pas par les taxes des contribuables, car ce serait alors de l’argent provenant des salaires.)

Le progrès remplace le besoin de labeur humain

Un autre défaut du système financier actuel est que la production ne distribue pas de pouvoir d’achat à tout le monde. Elle n’en distribue qu’à ceux qui sont employés par elle. Et plus la production provient des machines, moins elle provient du travail humain. Elle augmente alors même que l’emploi nécessaire diminue. Il y a donc conflit entre le progrès qui supprime le besoin de labeur, et le règlement qui ne distribue de pouvoir d’achat qu’à l’emploi.

On prévoit que l’intelligence artificielle remplacera des millions de travailleurs.
On prévoit que l’intelligence artificielle remplacera des millions de travailleurs. Mais si l’ouvrier ne reçoit pas de revenu pour remplacer le salaire qu’il a perdu avec l’introduction de la machine, la machine, qui devait être l’alliée de l’homme, devient son ennemi, car elle le prive de revenu, et l’empêche de vivre.

Pourtant, tout le monde a le droit de vivre. Et tout le monde a droit aux nécessités de la vie. Les biens de la terre ont été créés pour tous les hommes, pas seulement pour les employables. C’est pourquoi la Démocratie économique ferait ce que le système actuel ne fait pas. Sans supprimer la récompense au travail, elle distribuerait à tous un revenu périodique, appelé dividende social – revenu lié à la personne et non pas à l’emploi.

Aujourd’hui, ce n’est pas la production qui manque, mais c’est la distribution qui fait défaut. Il faut donc avoir recours à la «justice distributive», à la distribution par un dividende. Benoît XVI écrivait dans son encyclique Caritas in Veritate:

«La doctrine sociale de l’Église n’a jamais cessé de mettre en évidence l’importance de la justice distributive et de la justice sociale pour l’économie de marché (n. 35)... La vie économique a sans aucun doute besoin du contrat (les salaires en échange du travail fourni) pour réglementer les relations d’échange entre valeurs équivalentes. Mais elle a tout autant besoin de lois justes et de formes de redistribution guidées par la politique, ainsi que d’œuvres qui soient marquées par l’esprit du don. » (n. 37)

Dans Caritas in Veritate, Benoît XVI insiste beaucoup sur l’économie de don, l’économie de gratuité, tant au niveau des personnes que des institutions. Tout ne peut être calculé en salaires, beaucoup de bien peut être fait par le bénévolat. Dans un système de Crédit Social, les citoyens ayant la sécurité économique garantie par le dividende, l’entraide et le bénévolat croîtraient tout naturellement. Dieu Lui-même nous comble de gratuités avec les ressources naturelles et la nourriture qu’Il donne en abondance: le dividende serait le reflet de cette générosité, de ces gratuités de Dieu.

Dans la mesure où la production peut se passer d’emploi humain, le pouvoir d’achat exprimé par l’argent doit atteindre les consommateurs par un autre canal que la récompense à l’emploi. Le remplacement de l’homme par la machine dans la production devrait être un enrichissement, délivrant l’homme de soucis purement matériels et lui permettant de se livrer à d’autres fonctions humaines que la seule fonction économique. Si c’est au contraire une cause de soucis et de privations, c’est simplement parce qu’on refuse d’adapter le système financier à ce progrès, qu’on veut limiter les revenus au seul emploi rémunéré.

La technologie est-elle un mal? Doit-on se révolter et détruire toutes les machines parce qu’elles nous enlèvent nos emplois? Non, si le travail peut être accompli par la machine, tant mieux: cela permettra à l’homme de consacrer ses temps libres à d’autres activités, à des activités libres, des activités de son choix. Mais cela, à condition qu’il reçoive un revenu pour remplacer le salaire qu’il a perdu avec l’introduction de la machine, du robot; autrement, la machine, qui devrait être l’alliée de l’homme, devient son ennemi, car elle le prive de revenu, et l’empêche de vivre.

Mais alors, si l’homme n’est pas employé dans un travail salarié, que va-t-il faire de ses temps libres? Il l’occupera à faire des activités libres, des activités de son choix. C’est justement dans ses temps libres que l’homme peut vraiment développer sa personnalité, développer les talents que Dieu lui a donnés et les utiliser à bon escient.

De plus, c’est durant leurs temps libres que l’homme et la femme peuvent s’occuper de leurs devoirs familiaux, religieux et sociaux: élever leur famille, pratiquer leur religion (connaître, aimer et servir Dieu), venir en aide à leur prochain. Élever des enfants est le travail le plus important au monde, mais parce que la femme qui reste au foyer pour élever ses enfants ne reçoit pas de salaire, on considère qu’elle ne fait rien, qu’elle ne travaille pas!

Être libéré de la nécessité de travailler pour produire les biens essentiels à la vie ne signifie aucunement paresse. Cela signifie tout simplement que l’individu est alors en position de choisir l’activité qui l’intéresse. Sous un système de Crédit Social, il y aura une floraison d’activités créatrices. Par exemple, les grandes inventions, les plus grands chefs-d’œuvre de l’art, ont été accomplis dans des temps libres. Comme le disait C. H. Douglas:

«La majorité des gens préfèrent être employés – mais dans des choses qu’ils aiment plutôt que dans des choses qu’ils n’aiment pas. Les propositions du Crédit Social ne visent aucunement à produire une nation de paresseux... Le Crédit Social permettrait aux gens de s’adonner aux travaux pour lesquels ils sont qualifiés. Un travail que vous faites bien est un travail que vous aimez, et un travail que vous aimez est un travail que vous faites bien.»

Continuons l’éducation du peuple, pour un revenu de base financé sans taxe par la banque centrale de notre pays.Fin de l’article

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