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Quand le Ressuscité se manifeste dans nos vies, n’est-ce pas un peu comme un tremblement de terre? Nos représentations de Dieu et du bonheur changent; nos projets se transforment et notre vie devient meilleure; nous comprenons mieux la grandeur d’âme des gens qui prennent la défense des pauvres face aux financiers qui les écrasent; une lumière nouvelle, remplie d’espérance, éclaire nos échecs, nos maladies, nos deuils et même les cataclysmes et autres incidents naturels.
Avec le Christ ressuscité, une vie nouvelle commence, écrit saint Paul: «Ressuscités avec le Christ, cherchez les choses d’en haut, et non celles de la terre (Col 3, 1-2) là où se trouve le Christ.
Quand le Ressuscité se manifeste dans nos vies, il roule la pierre. Il supprime ce qui nous empêche de le voir, de le toucher; il ouvre nos yeux aveuglés par les déceptions de la vie, nos oreilles atteintes de surdité par nos doutes, notre incroyance; il apporte la guérison aux cœurs blessés par les intempéries de la vie, par nos vides intérieurs. Il stimule notre corps, fatigué de vivre, brisé par la fatigue des travaux journaliers, en un mot, il nous donne la force de porter notre croix comme un fidèle disciple. Tels les premiers témoins du matin de Pâques, nous sommes en proie à la crainte et la joie par ces paroles prononcées sur nous et qui prennent un nouveau sens: «Ne vous inquiétez pas» (Mt 6, 25). «Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps» (Mt 28, 20). «Encore un peu de temps et vous ne me verrez plus, puis encore un peu de temps et vous me verrez» (Jn 16, 16).
Quand le Ressuscité se manifeste dans nos vies, il sort du tombeau. Chacun n’a-t-il pas son tombeau? Un tombeau vide où se situent des questions sur la foi ou encore de nombreux préjugés, où l’on cherche des satisfactions dans d’autres religions ou sectes; à ceux-là, il leur dit: «Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts; il n’est pas ici, il est ressuscité» (Lc 24, 5-6). Pour nous, croyants impatients, il ne nous laisse pas seuls comme les pèlerins d’Emmaüs; il reste avec nous par son Eucharistie (Lc 24,30).
À tous ceux qui cherchent en vain des preuves de
sa résurrection, il suffit de les renvoyer aux paroles adressées à Thomas:
«Mets ici ton doigt, regarde mes mains. Avance ta main et mets-la dans mon
côté. Cesse de nier et crois» (Jn 20, 27). Quand le Ressuscité se
manifeste dans nos vies, il nous faut reconnaître que, sa personne
s’enracinant en Dieu, il se présente à nous comme le modèle et le
«Premier-né» de tout ce qui est créé — hommes et créatures (Col 1, 18).
Quand la terre
tremble, quand la pierre est roulée et que le tombeau est vide, c’est pour
nous une «merveilleuse nouvelle». Saint Paul s’exclame ainsi: «Semé
corruptible, le corps ressuscite incorruptible; semé dans l’humiliation, il
ressuscite éclatant de gloire; semé dans la faiblesse, il ressuscite plein
de force; semé corps physique, il ressuscite corps spirituel (1 Cor 15, 42-44). Nous sommes
peut-être portés à nous dire que nous le connaissons depuis longtemps, mais
le connaissons-nous avec notre cœur, avec notre vie? Est-ce que notre foi en
la résurrection du Christ — et donc en notre résurrection future — change
quelque chose dans notre vie, dans la façon de voir la vie, la mort? Ou nous
comportons-nous comme ceux qui n’ont pas la foi et qui se désolent devant la
mort, ne sachant pas que la résurrection est le chemin vers la vie avec le
Christ, vie dans le bonheur et la paix.
C’est un pensez-y bien! Jésus ressuscité nous
confie le bouleversant message que Dieu ne nous abandonne jamais. Toute
notre vie doit lui être agréable, à condition d’être animée par l’Amour:
amour de soi, amour dans la famille, amour dans le travail, amour dans les
loisirs, amour dans la société. Et pourquoi pas l’alimenter au «mystère
pascal» de chaque dimanche! Alors, le Christ ressuscité nous offrira au
dernier jour une vie en abondance, une vie toute glorieuse.
Joyeuses
Pâques! Que la vie soit avec vous!