Les saints et les bienheureux sont donnés à l’Église comme exemples de vies courageuses à imiter et, pour la plus grande gloire de Dieu, un grand nombre d’hommes et de femmes ont, de façon particulière, marqué l’histoire de l’Église catholique au Canada. Certains ont donné leur vie pour s’assurer que la Bonne Nouvelle soit répandue en Amérique du Nord. D’autres, animés d’une foi et d’un amour profonds, ont consacré leur vie au service de leurs frères et sœurs, qui comptaient bien souvent parmi les plus démunis de la société. Déclarés saints, bienheureux ou vénérables au cours des années, ces personnes extraordinaires sont des phares sur notre chemin, et des exemples de sainteté et de charité que tous sont appelés à suivre.
L’Église au Canada compte officiellement 14 saints, 12 bienheureux et 12 vénérables. Dans le numéro précédent de Vers Demain, nous avons présenté les vénérables de l’Église au Canada, voici maintenant les bienheureux:
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C’est donc en France qu’André fera ses études, et en 1783, à l’âge de 25 ans, il est ordonné prêtre dans l’archidiocèse de Sens. Quelques années plus tard, c’est le début de la Révolution française: tous les prêtres de France sont invités à prêter serment d’allégeance à une nouvelle «constitution civile du clergé», où les évêques sont nommés par l’Etat, et non pas par Rome. Les prêtres qui veulent rester fidèles à Rome sont persécutés et tués.
Au début de 1792, le Père Grasset se réfugie chez les Pères Eudistes à Paris avec une soixantaine d’autres prêtres, en attendant que la persécution cesse. Il est arrêté en Août 1792, et est emprisonné au couvent des Carmes à Paris. Le 2 septembre, après un simulacre de procès, chacun des 92 prêtres et 3 évêques emprisonnés doivent répondre à la question suivante: «Avez-vous fait allégeance à la constitution civile du clergé?» Quand le prêtre répond: «Non, ma conscience lui interdit», il est jeté dans le jardin, où il est égorgé.
André avait 34 ans quand il a été martyrisé. Il a été béatifié avec 187 prêtres et 3 évêques par le Pape Pie XI, le 17 Octobre 1926, sous l’appellation «Bienheureux martyrs du 2 Septembre 1792», ou «Bienheureux martyrs des Carmes». Sa fête est célébrée le 2 septembre, Il est donc premier Canadien de naissance à être déclaré bienheureux.
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En 1874, elle est appelée par le Père Camille Lefebvre pour diriger les jeunes femmes acadiennes du Nouveau-Brunswick dans le service du Collège de Memramcook; c’est là qu’en 1880, elle fonde officiellement son Institut des Petites Sœurs de la Sainte Famille, consacrées au service des prêtres.
En 1895, Mgr Paul LaRocque de Sherbrooke favorise le transfert de la communauté en les accueillant dans son diocèse. La fondatrice fonda plus de quarante maisons, jusqu’à ce que Dieu la rappelle à Lui le 3 Mai 1912, à l’âge de 61 ans. Elle a été béatifiée le 11 Septembre 1984, à Montréal, par le Pape Jean-Paul II lors de sa visite au Canada. Sa fête est célébrée le 4 mai.
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Six ans plus tard, Mgr Prince, auxiliaire de Mgr Bourget, devient le premier évêque du nouveau diocèse de Saint-Hyacinthe, et nomme l’abbé Moreau son secrétaire-chancelier. Il devient curé de la cathédrale, et cinq fois administrateur du diocèse. Le 15 Janvier 1876, à l’âge de 51 ans, l’abbé Moreau devient le quatrième évêque de Saint-Hyacinthe. Sa devise: «Je puis tout en Celui qui me fortifie» (Philippiens 4, 13) Durant son épiscopat, il fonde les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe et les Sœurs de Sainte-Marthe, et demeure «bon, simple, humble, et pauvre». Il est mort le 24 Mai 1901, et a été béatifié le 10 mai 1987 par le Pape Jean-Paul II. Jour de sa fête: 24 mai.
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Sa mère décède en 1861, Frédéric est alors âgé de 23 ans. Cherchant sa vocation, il devient prêtre chez les Franciscains, En 1876, il est envoyé à la Terre Sainte, où il prêche l’Evangile dans les lieux rendus sacrés par Jésus Lui-même. Il fait revivre la coutume du Chemin de Croix dans les rues de Jérusalem. Le Père Frédéric est envoyé au Canada en 1881 pour une tournée de collecte de fonds. Il revient au Canada pour y rester en 1888, et contribue cette année-là à la fondation du sanctuaire marial national de Notre-Dame du Cap, où il sera prédicateur pendant quatorze ans. Le Père Frédéric était aussi un excellent et prolifique écrivain. Il a écrit plusieurs articles et des biographies de saints, et a même fait du porte à porte pour vendre ses livres, passé l’âge de 70 ans. Il est décédé à Montréal le 4 Août 1916. . Il a été béatifié par le Pape Jean-Paul II le 25 Septembre 1988. Sa fête est célébrée le 5 août.
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À vingt-quatre ans, elle entre au noviciat des Religieuses de Jésus-Marie à Sillery. Elle prend l’habit l’année suivante sous le nom de Marie Sainte-Cécile de Rome et prononce ses vœux annuels de religion le 15 Août 1923. En septembre, elle est désignée comme professeur de musique au couvent de Saint-Michel-de-Bellechasse. Elle y fera trois séjours interrompus par la maladie.
Depuis l’âge de onze ans, Dina est favorisée d’une intimité avec Notre-Seigneur qui la conduit aux plus hauts sommets de la vie mystique. À la demande de sa supérieure, à compter de 1924, elle fait le récit de ses expériences spirituelles. Admise à la profession perpétuelle le 15 Août 1928, Dina entre définitivement à l’infirmerie en Avril suivant. Elle y décédera le 4 Septembre 1929, à l’âge de 32 ans, emportée par la tuberculose pulmonaire. Elle a été béatifiée par le pape Jean-Paul II le 20 Mars 1993, en même temps que Claudine Thévenet, fondatrice de la congrégation religieuse à laquelle elle appartenait.
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Dès l’année suivante, à la suite de difficultés avec un jeune prêtre devenu aumônier du couvent, Mère Marie-Anne se rend à la demande de Mgr Bourget et accepte de démissionner comme supérieure. Elle devient alors directrice au pensionnat de Sainte-Geneviève. Mais quatre ans plus tard, elle est destituée une seconde fois. Mère Marie-Anne, selon son expression, est réduite à «zéro». Durant 30 ans, elle remplira dans l’ombre des emplois manuels selon les besoins de la communauté, jusqu’à son décès à Lachine le 2 Janvier 1890.
Aux religieuses qui étaient surprises de la voir abaissée à accomplir des tâches si humbles, elle répondait: «Plus un arbre enfonce profondément ses racines dans le sol, plus il a de chance de grandir, de s’élever dans l’air et de produire des fruits». Elle a été béatifiée par le pape Jean-Paul II le 29 Avril 2001. Sa fête liturgique est célébrée le 18 avril.
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La jeune veuve vend une partie de ses immeubles pour subvenir aux besoins des pauvres en aumône et en œuvres de charité. Elle ouvre un premier refuge sur la rue Saint-Laurent, où elle accueille une quinzaine de sexagénaires. En 1831, elle en établit un second sur la rue Saint-Philippe. Puis, elle crée une Société de neuf dames patronnesses, connue par la suite sous le nom de Dames de Charité.
Au cœur de leur engagement, sept jeunes filles demandent à se consacrer au service des pauvres et des infirmes. La prise d’habit eut lieu le 25 Mars 1843. Une novice ayant quitté quatre mois plus tard, Émilie prend sa place. Elle fit ensuite sa profession le 29 Mars 1844. On érige canoniquement l’Institution des Sœurs de Charité de la Providence. Le lendemain, Sœur Gamelin est élue supérieure.
En 1849, le choléra sévit dans la ville, et avec l’approbation du maire, la supérieure ouvre l’hôpital Saint-Camille durant quelques mois. Mère Gamelin meurt à l’Asile de la Providence, victime du choléra, à 51 ans, le 23 Septembre 1851. Elle a été béatifiée par Jean-Paul II le 7 Octobre 2001. Fête le 23 septembre.
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Le 12 Septembre 1879, avec douze de ses compagnes, Élisabeth se consacre au Seigneur par les vœux de religion. Le jour même, elle est nommée première supérieure de la Congrégation. Elle accepte d’envoyer des sœurs, deux par deux, tenir une école dans trois paroisses très pauvres : Saint-Gabriel, Saint-Godefroi et Port-Daniel. Puis, elle ouvre une école à Rimouski pour préparer les novices à l’enseignement. Décédée le 17 Août 1881, elle a été béatifiée à Rimouski par le cardinal Amato le 26 Avril 2015.
Terminons cette liste de bienheureux avec deux évêques ukrainiens qui furent béatifiés par Jean-Paul II en Ukraine le 27 Juin 2001, et qui ont vécu quelque temps au Canada. Leur fête est le 2 avril:
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Arrêté pour sa foi chrétienne en 1945, il est condamné à mort et envoyé à Kiev, où sa peine est commuée à dix ans de travaux forcés. Sa peine purgée, il retourne à Lviv en 1955. En 1963, il est secrètement consacré évêque de l’Église «clandestine» catholique grecque ukrainienne, et est arrêté à nouveau en 1969 pour sa foi et pour l’écoute de Radio Vatican. Il est condamné à trois ans dans les camps de concentration, où, entre les séances de torture, il exerce son ministère de prêtre envers d’autres prisonniers. Relâché en raison de son état de santé, il se rend à Rome, puis à Winnipeg, au Canada, où il meurt moins d’un an plus tard, le 30 Juin 1973.