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| Le rôle de la mère au foyer est irremplaçable |
Depuis sa fondation en 1939, Vers Demain a mené de vigoureux combats pour améliorer le sort des familles, et a obtenu plusieurs victoires. Nous aimons rappeler ici la campagne que Vers Demain a menée dans les années 80 pour réclamer un revenu de 12 000 $ par année pour la mère au foyer.
Ce combat a commencé en 1984 (tout juste avant la visite du Saint-Père au Canada) avec la Charte des Droits de la famille que notre bon pape, saint Jean-Paul II, nous a donnée en octobre 1983. Tous les articles de la Charte sont importants, mais surtout l’article 10 qui concerne le travail de la mère au foyer, et qui se lit comme suit:
«La rémunération du travail doit être suffisante pour fonder et faire vivre dignement une famille, soit par un salaire adapté, dit “familial”, soit par d’autres mesures sociales telles que les allocations familiales ou la rémunération du travail d’un des parents au foyer; elle doit être telle que la mère de famille ne soit pas obligée de travailler hors du foyer, au détriment de la vie familiale, en particulier de l’éducation des enfants. Le travail de la mère au foyer doit être reconnu et respecté en raison de sa valeur pour la famille et pour la société.»
Les Directeurs et membres de Vers Demain ont tout de suite été conquis par le message du SaintPère: réclamer une rémunération suffisante pour la famille. Voilà un combat qui est au cœur de la mission de Vers Demain.
L’œuvre de Vers Demain a alors entrepris d’imprimer un million et demi de circulaires sur la Charte des Droits. Et, pour la distribuer, nos Pèlerins, pères et mères de familles, leurs enfants, et même les grandsparents, se sont donnés sans compter, sans rémunération, parcourant les villes et villages de leur région. 1985-86 ont été, pour Vers Demain, deux années d’apostolat intense pour les droits de la famille.
Après avoir fait connaître aux familles leurs droits à une rémunération suffisante, il fallait maintenant interpeller nos gouvernements. Notre Directrice, Mme Gilberte Côté-Mercier, en accord avec tous les pèlerins, a lancé une pétition réclamant 12 000 $ par année pour la mère au foyer.
Aux élus municipaux, Vers Demain a demandé d’adopter une résolution pour le 12 000 $ à la mère; cette résolution a été envoyée aux 4600 municipalités du Canada.
Des milliers de pétitions ont été signées et des centaines de municipalités ont adopté notre résolution. Même des journaux se sont mis à parler du $12,000 à la mère. En voici quelques extraits:
• «Les Bérets Blancs croient qu’il serait préférable de donner 12 000 $ aux mères au foyer plutôt que de gonfler les subventions aux garderies…» Progrès-Dimanche, Chicoutimi.
• «Un Comité d'action sur le statut de la femme a accusé de hauts fonctionnaires canadiens de saboter les efforts du gouvernement en vue d'introduire les régimes de pension pour les femmes au foyer…» La Tribune, Sherbrooke, 14 juin 1986.
• «Les épouses au foyer devraient obtenir un salaire de 12 000 $… Un groupe catholique de Montréal veut que toutes les canadiennes reçoivent une allocation de 12 000 $ par année» Daily News, Halifax, Nouvelle-Écosse, 14 août 1986.
• «Le coût de placement d'un enfant dans un centre d'accueil est de 50 000 $ pendant un an… ça coûte trois fois plus cher au gouvernement de placer les enfants que d'aider directement la mère.» L'Actualité, octobre 1987.
La population est avec nous pour le 12 000 $ à la mère au foyer. Et quoique nos pétitions soient adressées au gouvernement d’Ottawa, c’est de Québec que viennent les premiers résultats: le premier ministre Bourassa donne 500 $ pour le premier enfant, 500 $ pour le 2e; 3 000 $ pour le 3e enfant en 1987 et il dit: «Ce n'est que le commencement». En 1988, l’allocation pour le 3e enfant augmente à 4 500 $. Vous avez gagné l’opinion publique, chers pèlerins! Quand le peuple est renseigné et organisé, les politiciens sont obligés de céder.
Il faut rejoindre plus de familles pour réclamer le 12 000 $ à la mère. En 1988, nos Directeurs décident d’aller en congrès dans toutes les régions du Canada français: M. Gérard Mercier écrit: «Nos pèlerins vont couvrir le pays de congrès régionaux: nous éclaterons pour le Christ-Roi et pour le 12 000 $ à la mère au foyer… le Ciel le veut! La famille est une institution divine… Le Ciel fera le miracle lorsqu'il y aura assez de chapelets et d'apostolat.»
Nos pèlerins sont allés marcher à travers le Québec, le Nouveau-Brunswick, l’Ontario pour préparer ces congrès. Dans chaque région, ils ont installé de belles banderoles «Réclamons 12 000 $ par année pour la mère au foyer»; ils ont visité des milliers de familles, leur ont présenté la Charte des Droits de la Famille, leur ont fait signer la pétition pour le 12 000 $ à la mère, et à chaque maison, ils ont demandé à réciter une dizaine du chapelet. Les rapports de cet apostolat sont édifiants:
• À Saint-Georges de Beauce, en mai 1988, nous avons tenu notre premier Congrès. Une quarantaine de pèlerins ont visité les familles; des milliers de pétitions pour le $12,000 à la mère ont été signées; Ville Saint-Georges a permis l’installation de la banderole du 12 000 $ à la mère devant l'Hôtel-de-Ville, ainsi que le drapeau de Vers Demain. Le journal Éclaireur Progrès écrit: «Les Pèlerins de Saint-Michel… ont l'appui du conseil de Ville Saint-Georges dans leur campagne pour obtenir du fédéral un salaire annuel de 12 000 $. »
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| La banderole du 12 000 $ devant l’Hôtel-de-Ville |
• En juin le Congrès est à Hull-Gatineau, toujours avec la visite des familles de la région. En juillet, nous allons à Chicoutimi et plusieurs pèlerins donnent leurs vacances pour préparer ce Congrès. Le journal Le Quotidien de Chicoutimi écrit : « Les résidents de Jonquière, Chicoutimi et La Baie ont signé la pétition des Bérets Blancs réclamant 12 000 $ pour la mère au foyer… présentement, ça coûte 13 000 $ par an à l'État pour un enfant en garderie… il serait bien mieux de le donner à la mère…».
• Août 1988, nous nous rendons au NouveauBrunswick et c’est une cinquantaine de Pèlerins qui s’enrôlent, malgré les grandes distances à parcourir. Ici, toutes les familles acceptent de prier une dizaine du chapelet.
• Pour le Congrès de Rouyn, octobre 1988, nos pèlerins sont encore plus nombreux et ils réussissent à faire signer 23 000 pétitions pour le 12 000 $. M. Gérard Mercier écrit: «Nous n’avons jamais vu autant de détermination. Presque toutes les familles de l’Abitibi ont été visitées. Nos pèlerins ont bravé la pluie, la neige. C'est de l'héroïsme! Avec tous ces sacrifices le 12 000 $ à la mère viendra.».
• À Montréal, décembre 1988, 18 000 pétitions sont signées. Le journal La Presse écrit: « …les Bérets Blancs accrochent et distribuent partout des banderoles “Réclamons 12 000 $ par année pour la mère au foyer… »
Nos Congrès ont continué en 1989-90-91. Nous avons visité les familles de toutes les régions suivantes: Québec, Sherbrooke, Shawinigan, Trois-Rivières, Thetford Mines, Alma, Val d'Or, St-Hyacinthe, Granby et Sudbury, Ontario. Nos pèlerins, sans salaire, quêtent leur repas et leur hébergement, ils sont reçus gratuitement par les familles dans chaque région.
Savez-vous que Vers Demain a gagné ce combatlà? J’ai moi-même été estomaquée quand j’ai découvert que les familles reçoivent, en 2026, presque trois fois le montant que nous réclamions dans les années '80. Ce n’est pas appelé revenu à la mère au foyer, mais c’est un montant qui permet à la mère ou au père de rester au foyer et d’éduquer leurs enfants.
Ces allocations sont calculées selon le revenu familial:
Famille de 3 enfants, revenu familial de 37 000 $, elle reçoit le maximum, soit :
• du Gouvernement Fédéral 25 250 $
• du Gouvernement du Québec 9 200 $
• un total par année de 34 450 $
Pour un revenu familial de 60 000 $, toujours avec
3 enfants, les allocations sont autour de 28 000 $. Dernièrement, une maman me disait que c’est grâce à ces
allocations-là qu’elle peut garder ses enfants, au lieu
de les envoyer en garderie. C’est sans doute le cas
de plusieurs familles. Quel beau combat! Merci à Vers
Demain, merci à tous les pèlerins qui ont marché pour
cette noble cause!